#COVID-19: quel risque de #transmission pendant la #grossesse?

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Paris, France — Faut-il s’inquiéter d’un risque de contamination du Covid-19 de la mère à l’enfant pendant la grossesse? Après plusieurs cas possibles de transmission verticale survenus en Chine, décrits récemment dans le JAMA, un autre a été annoncé au Pérou. En France, Medscape édition française a eu connaissance d’un cas survenu dans un hôpital de la région parisienne, qui sera bientôt soumis à publication.

« Même si le recul n’est pas encore suffisant pour déterminer clairement le risque, la transmission materno-foetale du virus SARS-Cov-2 est probablement très rare », a indiqué, auprès de Medscape édition française, le Pr Olivier Picone (Hôpital Louis Mourier, AP-HP, Colombes). « Concernant le risque de malformations congénitales, il n’y a pas de signe d’alerte majeur. On sait aussi que les autres coronavirus ne sont pas à l’origine de ce type de malformations. »

Les connaissances sur l’infection par ce nouveau virus étant encore parcellaires, il convient toutefois de rester prudent, souligne le gynécologue-obstétricien. Dans le cas du Covid-19, « la présence d’une virémie semblait exceptionnelle. On découvre finalement qu’elle n’est pas si rare ». Le risque de transmission intra-utérine apparait donc bien réel.

Absence de complications majeures

Depuis peu, des cas de transmission verticale commencent à émerger. Dans une lettre récemment publiée dans le JAMA, une équipe chinoise décrit ainsi trois cas d’infection par le Covid-19 détectés chez des nouveaux-nés [1]. Pour étudier le risque de transmission verticale, les chercheurs avaient constitué une cohorte de 33 femmes enceintes infectées par le coronavirus prises en charge dans un hôpital.

Après l’accouchement, le test PCR mené à partir de prélèvement nasopharyngés sur les 33 nouveaux-nés s’est avéré positif pour trois d’entre eux. Les enfants infectés ont  présenté une pneumonie, de la fièvre et, pour l’un d’entre eux, une détresse respiratoire, qui a nécessité la mise en place d’une ventilation. Leur état a évolué de manière favorable en quelques jours.

Les données rapportées se révèlent surtout rassurantes en ce qui concerne le pronostic de ces nouveau-nés infectés par le virus. Elles ne prouvent pas la transmission materno-foetale, qui est seulement suggérée par les chercheurs, étant donné que la méthodologie employée ne permet pas d’exclure une contamination par voie aérienne pendant l’accouchement.

Dans une deuxième lettre, parue également dans JAMA, une autre équipe chinoise s’appuie, quant à elle, sur une analyse sérologique chez un nouveau-né infecté pour envisager l’infection in utero [2]. Alors que la mère était hospitalisée pour des difficultés respiratoires, l’enfant est né par césarienne et a été placé en quarantaine. Le nouveau-né ne présentait pas de symptômes particuliers.

Un critère peu fiable

Les analyses effectuées deux heures après la naissance ont toutefois montré des taux élevés d’anticorps IgM et IgE anti-SARS-Cov-2, de cytokines et de globules blancs. Etant donné que les IgM ne passent pas la barrière placentaire, leur présence suggère une action immunitaire du foetus in utero. Les tests PCR sur prélèvements nano-pharyngés se sont avérés négatifs à 2h et 16 jours après la naissance.

Pour le Pr Olivier Picone, l’argument de la présence d’IgM anti-SARS-Cov-2 n’est pas suffisant pour confirmer le passage in utero du virus de la mère à l’enfant. « Il s’agit d’une extrapolation de ce qui est habituellement mené chez l’adulte. Or, l’interprétation des résultats d’une sérologie diffère chez le nouveau-né et, en ce sens, s’avère complexe ».

Ainsi, « les techniques utilisées ne permettent pas de s’assurer que les IgM retrouvés chez l’enfant après l’accouchement soit réellement dirigé contre le virus Covid-19 », poursuit le spécialiste. « D’ailleurs, la sensibilité des IgM présent chez ce nouveau-né est faible puisqu’elle est évaluée à 70%, ce qui interroge sur la pertinence de ce critère ».

Dans un éditorial accompagnant la publication des deux lettres de recherche, les Drs David Kimberlin et Sergio Stagno (University of Alabama, Birmingham, Etats-Unis) s’interrogent également sur la qualité de ce critère. Même si la présence d’IgM peut révéler une réaction immunitaire du foetus in utero, « diagnostiquer une infection congénitale en recherchant des IgM est compliqué ».

« La plupart des infections congénitales ne sont pas diagnostiquées sur la base d’une détection d’IgM car les résultats donnés par les tests utilisés peuvent facilement être des faux positifs ou des faux négatifs », précisent-ils. Les tests utilisés « sont généralement moins fiables » que ceux basés sur la recherche du matériel génétique des agents infectieux.

Deuxième cas au Pérou

Si les cas ainsi décrits ne permettent pas de prouver qu’il y a bien eu une transmission materno-foetale, les autorités sanitaires du Pérou ont annoncé la semaine dernière la naissance d’un bébé contaminé par sa mère par voie intra-utérine. Il s’agirait du deuxième cas au niveau mondial, ont indiqué les médecins sans apporter plus de précisions sur le premier cas.

Medscape édition française a eu connaissance la semaine dernière de la naissance dans un hôpital de la région parisienne d’un enfant porteur du coronavirus, qui lui aurait été transmis par sa mère in utero, mais le cas devant faire l’objet d’une publication, il n’est pas été possible d’en savoir plus.

Dans un communiqué, l’organisme péruvien de la santé et de la sécurité sociale (EsSalud) indique que l’enfant, né le 15 avril, est actuellement dans un état stable. Le diagnostic a été posé après un test sérologique révélant la présence d’IgG dirigé contre le SARS-Cov-2.

A l’inverse des IgM, les IgG peuvent être transmis par la mère à travers le placenta. Bien que les informations précisent que l’enfant a été « contaminé par sa mère à travers le placenta », il n’y a pas de précision sur les critères utilisés pour s’en assurer.

A l’heure actuelle, il n’est pas officiellement établi qu’une transmission verticale est possible pendant la grossesse ou lors de l’accouchement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que les données sont encore insuffisantes. « A ce jour, le virus n’a pas été trouvé dans des échantillons de liquide amniotique ou de lait maternel », précise-t-elle, sur son site internet.

Protocole pour femmes enceintes infectées

En attendant d’avoir une confirmation de la transmission materno-foetale, les femmes enceintes doivent être particulièrement vigilantes sur le respect des gestes barrières pour éviter une contamination. Selon le Haut conseil de la santé publique (HCSP), elles sont classées parmi les personnes à risque de développer une forme grave d’infection à SARS-Cov-2.

Dans le contexte de l’épidémie de SARS-Covid-2, un groupe de travail du Collège national des gynécologues obstétriciens français (CNGOF) a rédigé un protocole de prise en charge des cas possibles et confirmés de SARS-Covid-2 chez les femmes enceintes. Un protocole amené à changer en fonction de l’évolution de la maladie.

Selon ces recommandations, l’hospitalisation de la mère ne doit pas être systématique en cas d’infection avérée. Il est notamment suggéré de ne pas modifier la voie d’accouchement en raison de l’infection. Le nouveau-né sans comorbidités peut rester avec la mère, qui doit porter un masque.

« Contrairement à la Chine et à l’Italie, qui préconisent une séparation de la mère et de l’enfant après l’accouchement, les pédiatres français estiment qu’une séparation génère davantage d’inconvénients », précise le Pr Picone, qui a participé à l’élaboration du protocole. « Tout dépend bien sûr de l’état de la mère et de l’enfant ».

« Les femmes enceintes ayant tendance à bien respecter le confinement, les cas d’infection dans cette population restent rares. Mais, il faut rester vigilant. Les connaissances sur la maladie évoluent. Il faudra vérifier si ces recommandations ont besoin d’être modifiées. »

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