#COVID grave : une petite étude parisienne confirme l’intérêt de la #CPAP chez certains patients

Postado em

Paris, France – Même si elle porte sur peu de cas, une étude parisienne confirme l’intérêt de la ventilation par pression continue chez certains patients Covid-19 en détresse respiratoire, laquelle a permis de diminuer de moitié de risque d’intubation et de décès à 7 jours.

Evaluer la ventilation en pression positive continue

Comment faire face à l’afflux de patients Covid réanimatoires nécessitant une augmentation du débit d’oxygène pour garder une SpO2 ≥ 92 % alors que les moyens en respirateurs et en Optiflow sont limités et que les risques d’aérosolisation virale sont importants ? C’est à cette question qu’ont dû faire face les réanimateurs de l’hôpital de la Pitié Salpêtrière au plus fort de l’épidémie de Covid-19, qui se sont alors tournés vers la ventilation en pression positive continue, ou en anglais CPAP (pour Continuous Positive Airway Pressure) comme nouvellement recommandé par l’European Respiratory Society depuis le 23 mars. Les résultats de leur étude utilisant la CPAP sont publiés dans l’European Respiratory Journal [1].

Lire aussi l’article en hommage à Georges Boussignac, médecin et génial inventeur de la CPAP, décédé le 21 mai dernier :  Décès du Dr Georges Boussignac : retour sur le parcours hors norme de l’inventeur de la CPAP 

Le 23 mars 2020, l’ERS a inclus la ventilation en pression positive continue, ou en anglais CPAP (pour Continuous Positive Airway Pressure), dans le traitement des patients infectés par le SRAS-CoV-2 nécessitant un débit de plus de 6 L/min d’oxygène pour maintenir une SpO2 ≥92 %. Cette décision a été prise en se fondant sur l’expérience italienne et en remettant en question une publication datant des années 2000 qui contrindiquait, sur la base de résultats limités, l’utilisation de la CPAP dans le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Afin l’évaluer l’intérêt de cette prise en charge chez les patients réanimatoires, l’équipe du Dr Matilde Oranger (Paris) a comparé de façon rétrospective le devenir de patients pris en charge avant et après l’instauration des recommandations européennes.

Hommes, 60 ans, en surpoids, majoritairement sous hydroxychloroquine

Deux périodes ont été choisies : du 11 au 23 mars 2020 (14 patients contrôle) et du 24 mars au 8 avril 2020 (38 patients CPAP). Tous devaient présenter des signes de détresses respiratoire aiguë (fréquence respiratoire ≥25, infiltrats radiologiques ou scanographiques, nécessité d’une oxygénation à plus de 6 L/min) et avoir bénéficié d’une RT-PCR positive. Les patients étaient âgés en moyenne de 62 ans, leur IMC moyen était de 27. Les hommes étaient surreprésentés (39 sur 52) et les fumeurs étaient relativement rares (12 sur 52).

Dans le bras contrôle, le débit d’oxygène était majoré jusqu’à 15 l/min si nécessaire pour maintenir une SpO2≥92 %, en cas d’échec le patient était intubé, sauf si après concertation, l’intubation était récusée. Dans le bras CPAP, le dispositif était mis en place aux moins 2 fois 2 h par jour et toute la nuit à l’aide d’un appareil utilisés pour les syndromes d’apnée obstructive du sommeil (SAOS) ou d’un « Boussignac » (pression 10 cmH2O pour débuter puis ajustement entre 8 et 12 cmH2O). En moyenne, les patients ont utilisé ce traitement pendant 5 jours et de 4 à 11 h par jour. Aucune différence en termes de traitement adjuvant n’a été retenue entre les deux groupes : hydroxychloroquine (8 sur 14 contrôles et 20 sur 38 patients CPAP), médicaments antiviraux (respectivement 0 et 1), tocilizumab (0 et 1), corticostéroïdes (0 et 1).

Moins d’intubation, zéro décès

A J7, 6 des 14 patients contrôle ont été intubés et 2 sont décédés (57 % d’évènements). Dans le bras CPAP, 9 des 38 patients ont été intubés et aucun n’est décédé (23 %, p=0,043). Les deux patients récusés pour l’intubation sont décédés dans le bras contrôle contre aucun sur 6 dans le bras CPAP. Le délai médian avant intubation était de 5,5 jours dans le bras contrôle et il n’a pas été atteint chez les patients CPAP.

A 14 jours, les résultats obtenus étaient similaires.

Même si les auteurs reconnaissent que cette étude n’est pas randomisée et que le nombre de patients inclus est limité, ils insistent sur ce qui fait la force de cette étude : deux périodes très rapprochées, des indications d’intubation identiques (et non dépendant du manque de lits de réanimation), enfin, aucune intubation réalisée dans le bras CPAP dans des conditions d’urgences extrême ou d’arrêt cardiaque.

 

 

 

 

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