Etude ComCor : 44% des personnes COVID+ connaissaient la personne source qui les a infectées

Postado em

France – L’étude épidémiologique ComCor montre que l’essentiel des contaminations par le virus SARS-CoV-2 ont lieu dans le cercle familial élargi (33,1%), dans le milieu professionnel (28,8%) et le milieu amical. Par ailleurs, quand les personnes ont été contaminées, le masque n’était ni porté par la personne source ni par le cas index. On apprend aussi que, comparés aux cadres de la fonction publique qui ont un risque moyen, les cadres administratifs et commerciaux, les ouvriers dans l’industrie (ces deux professions n’avaient pas été jusqu’à présent rapportées par la littérature scientifique), les chauffeurs, et les professions intermédiaires de la santé et du travail social, ont un risque plus élevé d’infection.

L’étude ComCor

Identifier les facteurs sociodémographiques, les lieux fréquentés, et les comportements associés à un risque augmenté d’infection par le SARS-CoV-2. Tel est l’objectif de l’Institut Pasteur (en partenariat avec la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (Cnam), Santé publique France, et l’institut IPSOS) qui a présenté ce 17 décembre les premiers résultats de l’étude épidémiologique ComCor sur les circonstances et les lieux de contamination par le virus SARS-CoV-2. Présent lors de lors la conférence de presse, Medscape édition française revient sur l’analyse du Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur, membre du Conseil scientifique. Mais aussi celle du Dr Daniel Levy Bruhl, responsable de l’unité des maladies respiratoires et vaccination à Santé publique France.

Transmission : de nombreuses zones d’ombre demeurent

« Dans cette épidémie, les modes de transmission sont connus. On en sait en revanche beaucoup moins sur les circonstances et les lieux de transmission. On sait qu’il y a des clusters (rassemblements festifs, religieux, conférences, croisières, discothèques…). Il y a aussi eu des études internationales qui ont retrouvé que les bars et les restaurants étaient impliqués dans les transmissions. Il y a aussi les salles de sport, les Ehpad et les hôpitaux », mais de nombreuses zones d’ombre demeurent, a expliqué lors de la conférence de presse le Pr Arnaud Fontanet, le responsable de l’étude ComCor qui comporte deux volets. Le premier décrit les circonstances de contamination des cas index (identifiés dans le fichier Contact Covid de la Cnam) diagnostiqués positifs pour le SARS-CoV-2 pendant la période du couvre-feu (entre le 17 et le 30 octobre 2020).

Du retard à l’isolement

Premier enseignement de cette étude (voir la méthodologie utilisée dans l’encadré ci-dessous) : 44% des personnes infectées connaissaient la personne source qui les a infectées et la plupart étaient bien conscientes de leurs comportements à risque (port du masque ou distanciation physique non respectés etc.), 21% suspectaient un évènement particulier sans connaître la personne source de l’infection, tandis que 35% ne savaient pas comment elles s’étaient infectées. Autre résultat important : la très grande majorité (97%) des cas index se sont mis en isolement. Mais seuls 54% d’entre eux l’ont fait dès les premiers symptômes, contre 64% dès la connaissance d’un contact avec un cas infecté, quand ces derniers ont été les seuls signes d’appel. Dans ce dernier cas, cela signifie que 36% ne se sont pas isolés tout de suite (contre 46% quand les personnes avaient des symptômes), ce qui est « trop tardif » pour le Pr Arnaud Fontanet qui a rappelé que « c’est le moment où on l’on a le début des symptômes qu’on est le plus contagieux. Donc ce retard est très préjudiciable ».

Les repas jouent un rôle central dans les contaminations

L’étude demandait également aux personnes interrogées comment elles avaient été infectées. Pour les contaminations hors foyer (65% des contaminations quand la personne source est connue), il s’agissait de contaminations dans le cercle familial élargi (33,1%), dans le milieu professionnel (28,8%) et le milieu amical (20,8%). À noter que les repas jouent un rôle central dans ces contaminations (un peu plus de 40% des contaminations), que ce soit en milieu familial, amical, ou à moindre degré, professionnel. Des résultats logiques selon le Pr Arnaud Fontanet, car, quand on partage un repas, « on est relativement proches les uns des autres et c’est le moment où on enlève le masque. » Par ailleurs, quand les personnes ont été contaminées, le masque n’était ni porté par la personne source ni par le cas index (93% des cas dans la sphère privée et 45% dans la sphère professionnelle). Enfin, pour les contaminations au sein du foyer (35% des contaminations quand la personne source est connue), il s’agissait avant tout pour ces adultes d’une contamination par le conjoint (64% des cas), loin devant les enfants (25 % des cas) qui « sont un peu moins souvent symptomatiques, donc cela peut expliquer pourquoi ils sont si peu souvent identifiés comme la personne infectante », a résumé le Pr Arnaud Fontanet.

Quand les personnes ont été contaminées, le masque n’était ni porté par la personne source ni par le cas index

Manger sur une table séparée 

Quelles conclusions peut-on en tirer à l’approche des fêtes de fin d’année ? Cette étude montre que les rassemblements avec la famille élargie (au-delà du foyer) et avec les amis ont joué un rôle très important dans la transmission, tandis que « le repas est un moment très à risque », estime le médecin. Or, « on sait que c’est très difficile d’imaginer un repas de Noël avec un peu de distance physique, mais c’est très important de le faire, en particulier pour les personnes qui ont des vulnérabilités (personnes âgées ou ayant des comorbidités, NDLR). Des personnes qui devraient « peut-être manger sur une table séparée » lors des fêtes de fin d’année, a préconisé le Pr Arnaud Fontanet qui a aussi rappelé l’importance d’aérer les pièces.

Avoir participé à une réunion professionnelle en présentiel est à risque

Le deuxième volet de l’étude porte les facteurs (caractéristiques socio-démographiques, professions, lieux fréquentés…) associés à une infection aiguë par le SARS-CoV-2 durant la période du couvre-feu et du confinement. Premier résultat : comparés aux cadres de la fonction publique qui ont un risque moyen, les cadres administratifs et commerciaux, les ouvriers dans l’industrie (ces deux professions n’avaient pas été jusqu’à présent rapportées par la littérature scientifique), les chauffeurs, et les professions intermédiaires de la santé et du travail social, ont eu un risque plus élevé d’infection. Autres facteurs associés à un risque augmenté : avoir participé à une réunion professionnelle en présentiel, pratiquer le covoiturage, être plus nombreux à vivre dans le foyer (notamment avec des enfants en crèche ou scolarisés), avoir fréquenté bars, restaurants et salles de sport, avoir participé à une réunion privée amicale ou familiale (circonstance qui a la plus grande part des infections : 19%).

1 : Ces résultats sont à considérer avec beaucoup de prudence. Non seulement parce qu’ils ne concernent que la période du couvre-feu et celle du confinement. Mais aussi parce qu’ils peuvent être entachés de biais importants (sélection la population d’étude réponses potentiellement influencées par la connaissance du statut malade ou non malade de la personne qui a répondu…).

Une étude qui permet de mieux cibler les messages

Pour le Dr Daniel Levy Bruhl, responsable de l’unité des maladies respiratoires et vaccination à Santé publique France, cette étude est riche d’enseignement car elle permettra « d’affiner les stratégies de communication pour promouvoir les comportements à même de réduire le risque de transmission. Cela justifiera des messages un peu plus ciblés, un peu plus précis ». Par ailleurs, les résultats de la première étude montrent qu’il y a « une énorme marge d’amélioration, en particulier pour le délai de mise en œuvre de l’isolement qui, dans un cas sur deux, est trop tardif ». Quant à la deuxième étude, elle met en lumière des facteurs sur lesquels il y a des « possibilités d’action », a poursuivi le médecin : « Quand on compare le sport à l’intérieur et à l’extérieur, on voit que l’un est un facteur de risque tandis que l’autre est protecteur. On le savait mais cette étude donne encore plus de poids au fait que les activités à l’intérieur sont beaucoup plus pourvoyeuses de transmission, surtout en période hivernale car les fenêtres sont le plus souvent fermées. » Enfin, l’étude confirme indirectement l’efficacité du port masque. À titre d’exemple, « le métro ne ressort pas comme un facteur de risque dans l’étude », selon le Dr Daniel Levy Bruhl qui fait l’hypothèse suivante : « Malgré la proximité qu’il peut y avoir dans le métro, cela montre bien que, quand on porte un masque, et quand on le porte correctement, on est protégé. »  À contrario, « une très grande proportion des circonstances de contamination qui ont été identifiées sont liées à des situations on l’on ne porte pas le masque, que cela soit au travail (au moment des pauses et du partage des repas) ou au domicile ».

Le métro ne ressort pas comme un facteur de risque dans l’étude Dr Daniel Levy Bruhl

Une autre enquête sur les circonstances de contamination

D’autres données pouraient être disponibles bientôt. En effet, des médecins se sont associés à des spécialistes du numérique pour mettre en ligne le 14 décembre un questionnaire sur le site SourceCovid.fr pour connaitre les modalités de contamination, et ainsi « mieux comprendre la diffusion réelle du virus ». Cette enquête d’une quinzaine de questions s’inscrit dans le cadre d’une étude scientifique qui vise à « identifier les sources de propagation de la 2e vague »précise Le Généraliste. Les données transmises feront l’objet d’une étude scientifique. Un protocole d’étude a été déposé pour analyser l’ensemble des réponses, et étudier les parcours de contamination. Un conseil scientifique indépendant, composé de médecins, chargés de recherche clinique et de patients encadre la gestion des données de l’enquête.Méthodologie

Les personnes ayant répondu à l’étude ont été invitées à participer à l’enquête par l’Assurance maladie qui pilote, depuis le 13 mai 2020, le dispositif de « contact tracing » Dans ce cadre, elle est amenée à contacter l’ensemble des personnes contaminées afin d’identifier avec elles les personnes avec lesquelles elles ont pu avoir des contacts à risque. Depuis le 27 octobre, elle invite individuellement par mail les personnes diagnostiquées positives au SARS-CoV-2 à répondre au questionnaire en ligne de l’Institut Pasteur. Pour le premier volet de l’étude, 30 330 questionnaires ont été retournés par des personnes ayant très vraisemblablement été infectées : 25 644 concernent des cas index non soignants, 4 686 des personnels soignants qui ont traités séparément car ils avaient des circonstances de contamination très liées aux soins. Pour le deuxième volet de l’étude, l’institut IPSOS a identifié et contacté des « témoins » appariés aux cas index sur l’âge, le sexe, la région de résidence, la densité populationnelle et la période (couvre-feu à partir du 17 octobre 2020 et confinement à partir du 29 octobre 2020). Les cas index et les témoins (3426 cas et 1713 témoins ont répondu) ont été invités à répondre à un auto-questionnaire sur leurs caractéristiques socio-démographiques, les lieux qu’ils fréquentent, et leurs comportements. Les cas index ont été invités à détailler les circonstances de leur infection quand elles sont connues. 

Actualités Medscape © 2020 

Citer cet article: Etude ComCor : 44% des personnes COVID+ connaissaient la personne source qui les a infectées – Medscape – 22 déc 2020.

Deixe um comentário

Preencha os seus dados abaixo ou clique em um ícone para log in:

Logotipo do WordPress.com

Você está comentando utilizando sua conta WordPress.com. Sair /  Alterar )

Foto do Google

Você está comentando utilizando sua conta Google. Sair /  Alterar )

Imagem do Twitter

Você está comentando utilizando sua conta Twitter. Sair /  Alterar )

Foto do Facebook

Você está comentando utilizando sua conta Facebook. Sair /  Alterar )

Conectando a %s