Dysfonction endothéliale : le régime méditerranéen supérieur à un régime pauvre en graisses

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Cordoue, Espagne — L’étude randomisée CORDIOPREV, qui a comparé l’évolution de la fonction endothéliale de sujets coronariens selon leur alimentation, montre que le régime méditerranéen améliore la dysfonction endothéliale, quelle que soit sa sévérité initiale. Elle montre parallèlement les bénéfices de ce régime sur les marqueurs des mécanismes de réparation et de lésions endothéliales. Les résultats ont été publiés dans Plos Med[1].

Les données soutiennent l’existence d’un lien entre la qualité de l’alimentation et la dysfonction endothéliale, qui favorise l’athérosclérose et est associée à un risque cardiovasculaire accru.

Un millier de patients souffrant de maladie coronarienne

De précédentes publications ont décrit l’amélioration de la fonction endothéliale dans le syndrome métabolique, ou de façon isolée chez les patients en surpoids, obèses ou hypercholestérolémiques grâce à un régime alimentaire riche en acides gras monoinsaturés (AGMI). Toutefois, les études évaluant l’efficacité à long terme d’un régime méditerranéen sur les différents paramètres de l’homéostasie endothéliale vasculaire sont rares. Des chercheurs espagnols ont conduit un essai prospectif, randomisé, en simple aveugle et contrôlé CORDIOPREV (Coronary Diet Intervention with Olive oil and cardiovascular PREVention ) chez près d’un millier de patients souffrant de maladie coronarienne et randomisés entre un régime pauvre en graisses et un régime méditerranéen.

Les patients inclus étaient âgés de 20 à 75 ans, atteints d’une maladie coronarienne sans événement clinique au cours des 6 derniers mois, sans autre maladie grave et avec une espérance de vie d’au moins 5 ans. Ils ont été randomisés entre le régime méditerranéen (35% de lipides, dont 22% d’AGMI, 6% de polyinsaturés (AGPI) et moins de 10% d’acides gras saturés (AGS), 15% de protéines, et un maximum de 50% de glucides) ou un régime pauvre en graisses et riche en sucres lents (moins de 30% de graisses totales (12-14% d’AGMI, 6-8% d’AGPI et <10% d’AGS), 15% de protéines et un minimum de 55% de glucides).

Dans les deux régimes, l’apport en cholestérol était limité à 300 mg/j maximum. Les recommandations spécifiques sur la nature des aliments spécifiques aux deux régimes étaient précisées et guidées par des nutritionnistes (huile d’olive, poisson, fruits et légumes…, pour le premier, recommandations American Heart Association pour le second).

Dysfonction endothéliale améliorée

Au total, 805 patients (60 ans et 31,2 kg/m² en moyenne) ont pu être suivis sur l’ensemble de la période. Ils ont été répartis en tertiles selon la sévérité initiale de la dysfonction endothéliale évaluée à partir des variations de diamètre de l’artère humérale en réponse au flux sanguin (Flow mediated dilation). Ainsi, le premier tertile correspondait aux sujets les plus sévèrement atteints soit 132 et 121 patients respectivement dans les groupes méditerranéen et pauvre en graisse.

À 1 an, le taux de CRP hautement sensible était statistiquement inférieur dans le groupe régime méditerranéen vs le second (différence de variation -0,44 mg/mL [-0,79 à -0,08], p=0,009), l’augmentation du HDL-c et la diminution de la glycémie à jeun tendaient à être supérieures dans ce groupe mais n’étaient pas statistiquement significatives.

La dysfonction endothéliale était améliorée dans le groupe régime méditerranéen contrairement à l’autre groupe dans lequel la valeur n’était pas modifiée. À 1 an, la différence entre les deux groupes était de 2,63% ([1,89-3,40], p=0,011) pour l’ensemble de la cohorte pris globalement ou dans chacun des tertiles de sévérité du dysfonctionnement endothélial initial.

Dans le groupe régime méditerranéen, la mobilisation des progéniteurs endothéliaux circulants humains (EPC), des cellules immatures présentes dans le sang, et le taux circulant de microparticules endothéliales (EMPs), illustrant respectivement la réparation et l’altération tissulaire, évoluaient favorablement, conduisant à la diminution significative du rapport EMP/EPC et donc de la dysfonction endothéliale, par rapport au second groupe.

Parallèlement, un ensemble d’analyses menées in vitro à partir du sérum de patients suggère que régime méditerranéen diminue la production intracellulaire d’espèces oxydantes réactives, l’apoptose cellulaire et la sénescence des cellules endothéliales et qu’il augmente la prolifération cellulaire et l’angiogenèse. 

Cet article a été initialement publié sur Univadis.fr, du groupe Medscape.

Actualités Medscape © 2020 WebMD, LLC

Citer cet article: Dysfonction endothéliale : le régime méditerranéen supérieur à un régime pauvre en graisses – Medscape – 29 déc 2020.

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